There are days when the banality of evil in a social and economic order based on owning human beings just hits you hard. What was the purpose of this list? It’s ~5 feet long. From the French colonial archives on Guadeloupe: a list of people owning 40 or more slaves. 🗃️
* Le dossier de présentation de l'ouvrage est ici : atlantiquesdechaines.com/wp-content/upl…
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Nous achevons la présentation de cette introduction (forcément tronquée tant le champ balayé et les pistes de réflexion sont vastes) de "Perspectives impériales" en donnant à lire ses dernières lignes qui ambitionnent que les perspectives impériales se poursuivent.
Ce qu'aborde le premier chapitre de l'ouvrage "Utopie, gouvernementalité, racisme. Une perspective à partir de l’Empire espagnol" que l'on doit à Claude Bourguignon Rougier que nous présenterons ultérieurement.
... et soutenir qu'elle procède d'une généalogie commune.
Et à l'observation que la catégorie-phénomène de la race (au sens moderne polygéniste) maintient une intangible ligne de division entre les métropoles et les colonies qui rend incomparables les situations impériales, l'on peut reconnaître l'irréductibilité de cette différence...
Une perspective impériale ne peut alors manquer de contester la distinction entre études nationales et études coloniales, et de signaler le profond entrelacement de leurs objets et de leurs problèmes.
Pour l'Espagne, l'histoire de l'État et de la nation s'avère inextricablement liée à une expérience impériale vue comme un aspect substantiel de l'expérience moderne, avec une législation spéciale pour les colonisés répondant au constitutionnalisme en vigueur dans la métropole.
Des perspectives qui reviennent donc sur le découpage chronologique promu jusqu'ici.
Ainsi, les travaux de Josep Maria Fradera interrogent la chronologie habituellement acceptée de la naissance de la modernité comme transition de l'ère des empires à celle des nations.
Des perspectives qui accordent une attention étroite aux circulations inter-impériales en termes de pratiques, de savoirs et de techniques de pouvoir.
Des perspectives à la topologie complexifiée.
"L’enjeu est d’adopter une ou des perspectives impériales susceptibles de nous donner à voir et à dire ce qui, dans notre passé comme dans notre présent, demeure intraduisible dans le langage de l’État-nation qui est toujours le nôtre."
Mais "pour recouvrer cette histoire, le travail des historiens ne suffit pas.Le redoubler par une histoire des idées philosophiques et politiques, non plus. Il faut le développement d'études impériales intrinsèquement transdisciplinaires."
Délaissant les typologies, la nouvelle génération d'historiens interroge moins ce qu'est l'empire que les "situations ou les trajectoires impériales". Émerge l'idée d'impérialité qui désigne moins des sociétés que des processus, des phénomènes mêlés et parfois antagonistes.
Cette approche est moins occidentalo-centrée car elle met à contribution des spécialistes du colonialisme ou des sociétés non-ocidentales. Particulièrement représentatif le livre de Jane Burbank et Frederik Cooper :
Dans les années 2000, une deuxième phase s’ouvre en lien avec la critique de la globalisation menée sous l’égide de la puissance des É.-U. Se développe une approche qui dynamise les représentations en s’attachant à rendre compte des formations impériales dans leur hétérogénéité.
L'historiographie politique et juridique a initié dès les années 1970 un retour à l'empire (John Gilissen, Maurice Duverger ou Jean Tulard). Pourtant, l’idée de la plus grande solidité, stabilité, et par conséquent pérennité de l’État-nation y reste encore vivace.
Ne peut-on pas, plutôt, voir une autre forme d’empire dans ces empires coloniaux et au lieu de prendre au mot le discours que l’État-nation tenait sur lui-même, privilégier ainsi la continuité en acte ?
Démontrer que l’État-nation a, dès le départ, été un État colonial – la date de ce départ pouvant varier, de la conquête de l’Amérique à la révolution industrielle –, revient à entériner le primat de la forme État-nation dans le geste même de sa contestation.
Ainsi des travaux menés dans les domaines polyphoniques des études postcoloniales anglophones et de la théorie décoloniale latino-américaine. L’empire y est conçu comme le double obscur de l’État-nation, comme son négatif au sens photographique ou comme l’envers de la modernité.
Pourtant le concept d'État-nation fait montre d'une singulière résilience. Il se répète y compris, paradoxalement, au sein de discours qui se sont attachés à en révéler les impensés, à en détecter les « impuretés » et les ambivalences, à déconstruire le mythe de la modernité.
Auj., l’idée selon laquelle l’État-nation serait le produit quasi naturel de l’évolution des communautés politiques, dont il représenterait la norme intangible, a vécu et c’est « l’assimilation complète entre nations, peuples qui représente l’exception ».
persee.fr/doc/xxs_0294-1…
Empire vs. État-nation compris comme l'opposition entre un archaïsme et la modernité, la chose semblait entendue.
L’historiographie occidentale y a joué un rôle décisif. Édifiant le roman national, les historiens furent les hérauts d’un État-nation qui faisait figure d'étalon pour observer les autres formes de gouvernement politique, dont celles des empires du passé et du présent.
La consécration géopolitique de l’État-nation avait été préparée de longue date sur le plan intellectuel avec l’évanouissement progressif du langage impérial dans des disciplines comme l’histoire, la philosophie et, de manière encore plus significative, la science juridique.
Cette perspective, eurocentriste et évolutionniste et téléologique, semble trouver confirmation dans les leçons de l’histoire la plus récente. La 1re Guerre mondiale entérinant la fin des derniers grands empires et les décolonisations la liquidation des empires coloniaux.
Si l'idée DES empires a pu être si facilement évacuée, c'est parce qu'elle est perçue comme une forme archaïque vouée à la disparition, quand l’État-nation désigne un stade nécessaire de l’évolution du pouvoir étatique, synonyme d’entrée dans la modernité.
Suivant, ici, les traces du philosophe Alain Brossat analysant, en 2022, le livre de Hardt et Negri.
Malgré ses prétentions aux seules limites du monde, l’empire ne pourrait-il se dire qu’au pluriel et les rapports qu’il entretient avec l’impérialisme ne sont-ils pas, non de pure opposition, mais bien de tension productive et d’hybridation ?