Hihihi
03.03.2026 16:21 — 👍 0 🔁 0 💬 0 📌 0@ccarolinemuller.bsky.social
Historian (Uni. Rennes 2) XIXe siècle, histoire du catholicisme - des femmes et du genre pratiques de l'histoire à l'ère numérique (Que faites-vous avec vos ordinateurs ?) cats, books and social sciences (photo : Jean-Pierre Rosenkranz )
Hihihi
03.03.2026 16:21 — 👍 0 🔁 0 💬 0 📌 0
il reste que c'est un brillant livre dont les effets de dévoilement jouent à plein 😊
(et j'ai enfin fini)
on aurait voulu des pages plus charpentées sur la situation de l'enquête, le regard de l'enquêteuse et des enquêtés ; (comment ses descriptions de classe populaire sont informées par sa propre position ?)
03.03.2026 16:08 — 👍 3 🔁 0 💬 1 📌 0Enfin, peut-être le plus délicat et subjectif, par moments la sociologue ne “voit” pas - ou n'élucide pas - certaines connivences qu’elle a avec l’équipe médicale et ses effets sur l'enquête ; sur un sujet aussi sensible,
03.03.2026 16:08 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0
Pourtant, il y a là un très beau laboratoire de compréhension de ce qu'est la performativité puisqu'il s'agit de récupérer les moyens de "refaire le genre" (le maquillage, etc)
La genre est ici un outil de description "à plat" sans véritable perspective relationnelle (ce qui se transforme, etc)
Sur le genre, je trouve que le livre parfois très descriptif dans sa façon de manier le concept, et ne considère pas que le genre peut être une ressource pour les personnes.
03.03.2026 16:06 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0Par exemple le chapitre sur le récit de soi post AVC bénéficierait d’un “dézoom” pour réfléchir plus largement à ce qu’est le récit de soi en général, comment ça fonctionne, son historicité (histoire culturelle, des médias etc) puis la singularité ou non des récits d’AVC
03.03.2026 16:03 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0D'abord la langue devient de temps à autre métallique et jargonnante : le lexique de la sociologie bourdieusienne doit être bien assimilé sinon la compréhension flotte... sur ce sujet d'ailleurs, à plusieurs reprises je me suis dit que l'analyse aurait bénéficié d'autres outils et leviers
03.03.2026 16:02 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0
c'est donc un livre essentiel à mon avis sur les inégalités de santé, et d'autres choses - et les remarques qui suivent ne retirent rien à cela 😊
plusieurs aspects ont parfois rendu la lecture assez sportive :
s'ajoute à cela que même les pratiques corporelles font l'objet d'abstractions, de métaphores, de schématisation - ce qui est là aussi un rapport au corps socialement situé.
Cela produit une récupération plus difficile pour cx et celles que leur socialisation rend peu efficace dans ce dispositif
Le dispositif de rééducation est donc adapté aux catégories de population les plus à l'aise avec l'école, disposant déjà de capitaux scolaires et culturels. Il y a des scènes tragicomiques dans le livre : un patient issu d'un milieu très modeste doit compléter des phrases portant sur le ski (!!!)
03.03.2026 15:56 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0
cette situation vient aussi d'un autre aspect, la 3e conclusion forte :
(3) La rééducation est fondamentalement pensée comme une forme scolaire, toute entière calquée sur l'école (vocabulaire, test, examens, évaluations, emploi du temps, univers où tout est présenté comme occasion d'apprendre, etc)
Par ailleurs, les patients des classes populaires sont moins à l'aise dans l'espace hospitalier avec lequel ils font moins "corps" (logique du "eux et nous") réactivent des valeurs moins compatibles avec l’univers hospitalier et l’horizon proposé de la rééducation (une forme de fatalisme)
03.03.2026 15:51 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0Ce n'est pas qu'un problème de préjugés ou de classe des médecins, c'est aussi parce que les patients eux-mêmes s'engagent dans ce qui compte pour eux, et c’est inégalitaire. Les femmes vont vouloir récupérer les moyens de s'occuper de leur enfant, les hommes de conduire, pour prendre 2 cas extrêmes
03.03.2026 15:50 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0
*aux "compétences" et modes de vie antérieurs...à l'habitus.
C'est le caractère "conservateur" de la rééducation, on “récupère” ce qu’on avait déjà avant… donc ceux qui avaient "plus" avant font l’objet d’un investissement ++, à la fois sur le travail physique et cognitif
(2) un ajustement des “projets de rééducation” au genre et à la classe des patients :
*à la valeur sociale des patients (âge, état général - moralité perçue) (attendez avant de tomber à bras raccourcis sur les équipes médicales, M. Darmon est plus fine que ça, cf infra)
autre exemple, la "désinhibition" est-elle la conséquence de l'AVC ou de comportements de masculinité hégémonique qui existaient avant la maladie ?
or tous ces éléments, et d'autres, sont "codés" et aboutissement à des scores et des échelles évaluant la capacité à récupérer
par exemple, lors de l'évaluation de la parole et de l'élocution, l'équipe médicale ne sait pas toujours comment interpréter une élocution marquée par un fort accent, ou une personne qui ne finit par ses phrases - la "langue" populaire interprétée comme csq de l'avc
03.03.2026 15:45 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0
La façon dont les médecins “codent” les symptômes, ce qu’ils et elles trouvent pertinent de relever comme preuve de progrès ou recul. Quelques conclusions fortes :
(1) le "codage social du biologique" : l'interprétation même des signes de maladie est traversée de "lectures de classe"
si on sait déjà que l’AVC est un fait social à sa prise en charge (une femme est en moyenne prise en charge + tard qu’un h, par exemple), on observe cette fois les chances de récupération et le dispositif dans lequel entrent les patients
03.03.2026 15:45 — 👍 2 🔁 0 💬 1 📌 0l’enquête s’appuie sur des matériaux variés : les grandes séries de statistiques de santé, de la littérature médicale, mais aussi une enquête de terrain de long terme, par entretiens, à l’hôpital, en neurologie et en service de rééducation, où les patients passent plusieurs mois
03.03.2026 15:45 — 👍 3 🔁 0 💬 1 📌 0C'est livre très important qui propose de réfléchir à la façon dont les sciences sociales peuvent se saisir de l’objet “AVC” qu’on a tendance à penser comme un “donné biologique”, à ce titre toute la construction de l'objet est remarquable
03.03.2026 15:45 — 👍 3 🔁 0 💬 1 📌 0
alors on y va ? Une petite lecture ⤵️
Attention : je suis une historienne qui lit (beaucoup) de sciences sociales, mais une historienne tout de même donc je rate sans doute pas mal de choses quand je lis un ouvrage de sociologie.
entendu, j'ai un peu mis en ordre mes idées, je vous écris tout ceci ce soir 😊
02.03.2026 09:36 — 👍 8 🔁 0 💬 0 📌 0Muriel Darmon Réparer les cerveaux Sociologie des pertes et des récupérations post AVC
Un livre important, avec des aspects super et d'autres moins...super
Je ne sais pas si un fil intéresserait ?
Car la lecture ne me paraît pas totalement accessible
je demande d'ailleurs à voir si ces messieurs ont connaissance et citent ce qui existe...
27.02.2026 09:06 — 👍 4 🔁 0 💬 1 📌 0Le processus classique : tant que c'est des affaires de bonnes femmes (histoire sociale, vie privée, famille, trajectoires féminines), débrouillez vous entre vous ; par contre sur les objets sérieux la place est prise (diplomatie, politique, etc.) 🤯🤯
27.02.2026 08:15 — 👍 5 🔁 0 💬 2 📌 0
[Chercheurs en ville - un podcast de la Maison des Sciences Humaines en Bretagne]
Découvrez notre nouvel épisode avec Caroline Muller autour de l'écriture de l'histoire à l'heure du numérique.
@univrennes2.bsky.social
www.canal-u.tv/chaines/mshb...
Autre époque, mêmes problèmes du côté de Vannes 😆 janvier 1840
"La pluie continuelle et la distance de Locmalo du chef lieu ont retardé l'exécution de ces ordres"
Pierrefitte!
24.02.2026 10:14 — 👍 0 🔁 0 💬 1 📌 0